Newsletter du GIRCI Est – Lettre n°9 – janvier 2016

Sommaire

  Les 10 projets financés au titre du PHRC-I 2015

De nouvelles modalités de suivi pour les projets

Le projet DATOR : retour sur un projet lauréat de l’Appel à Projets Jeunes Chercheurs 2012

Les malformations cranio-faciales à l’honneur lors du symposium 2015 du Club de Génétique de l’Est

Le 3ème colloque interrégional de recherche infirmière et paramédicale aura lieu le 27 janvier 2016 au CHU de Reims

Zoom sur la recherche clinique en établissement non universitaire : l’unité de recherche clinique du CH de Bar-le-Duc

Voeux 2016

Circulaire DGOS relative aux programmes de recherche – Campagne 2016

L’instruction N° DGOS/PF4/2015/368 du 18 décembre 2015 a été publiée. Cette instruction porte sur les programmes de recherche sur les soins et l’offre de soins pour l’année 2016. Les appels à projets sont ceux des cinq programmes de recherche :

  • PHRC National, interrégional et Cancet
  • PRME – Programme de Recherche Médico-Economique
  • PREPS – Programme de Recherche sur la Performance du système de Soins
  • PHRIP – Programme Hospitalier de Recherche infirmière et Paramédicale
  • PRT – Programme de Recherche Translationnel National et Cancer

La date de limite de dépôt des lettres d’intention est fixée au 3 mars 2016. La circulaire est diponible à l’adresse http://goo.gl/P5l20t

Les 10 projets financés au titre du PHRC-I 2015

Une première phase de sélection a permis de retenir 24 lettres d’intention sur les 58 déposées pour la campagne 2015 du Programme Hospitalier de Recherche Clinique et d’Innovation Interrégional (PHRCI-I 2015). Ont été retenus en seconde phase de sélection par la commission scientifique (CSIRC), dix dossiers pour un montant total de 2 649 570 €.
Parmi ceux-ci :

  • 7 projets ont déjà été soumis en 2014
  • 8 projets associent des CH ou ES privés
  • 1 projet est porté par le Centre Georges-François Leclerc qui devient ainsi le premier centre de lutte contre le cancer lauréat du PHRC-I depuis l’éligibilité de la thématique cancer en 2014

La procédure et les projets proposés par le GIRCI Est ont été validés par la DGOS. La première tranche de financement fera partie des crédits délégués par la 1ère circulaire budgétaire 2016. L’ensemble des projets financés est soumis à la procédure de suivi DGOS, et fera l’objet d’un suivi annuel par le GIRCI Est.

Lauréats PHRCI 2015 :

Établissement Lauréat Titre du projet de recherche
CHU de BESANCON Dr Barrot Loic (Réanimation Médicale) Comparaison de deux niveaux d’oxygénation chez les malades de réanimation avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë sous ventilation mécanique : Etude prospective randomisée multicentrique
CHU de BESANCON Dr Rinckenbach Simon (Chirurgie Vasculaire) Syndrome du Compartiment Abdominal et Anévrismes de l’Aorte Rompus : validation d’un test prédictif
CHU de BESANCON Dr Kim Stephano (Service d’oncologie médicale) Etude prospective pour la validation de biomarqueurs immunologiques chez les patients atteints de cancer du colon métastatique
CHU de BESANCON Dr Sigaux Antoine (SAMU 25) Arrêt cardiaque extra-hospitalier : essai randomisé évaluant l’impact du conseil téléphonique délivré par le centre 15 sur la survie
CHU de BESANCON Pr Toussirot Eric (CIC-1431 & Rhumatologie) Tolérance et efficacité d’une thérapie cellulaire par cellules APOptotiques autologues dans le traitement de la polyarthrite RhumAtoïde : essai clinique de phase I/Iia
CHU de DIJON Dr Facy Olivier (Service de chirurgie digestive et cancérologique) Etude des enzymes pancréatiques dans les drains comme biomarqueurs précoces de fistule pancréatique post-opératoire
CHU de DIJON Dr Grémeaux Vincent (Centre de Convalescence et de Rééducation) Fatigue et Récupération après AVC mineur
Centre Georges François Leclerc Dr Truc Gilles (Département de radiothérapie) Etude de phase II multicentrique évaluant l’efficacité d’une radiothérapie avec modulation d’intensité et Boost intégré (SIB-IMRT) à la dose de 80Gy, associée à une chimiothérapie par Témozolomide dans le traitement des Glioblastomes de l’adulte
CHRU de STRASBOURG Dr Boulanger Nathalie (Plateau Technique de Microbiologie) Borreliose de Lyme et diagnostic cutané précoce
CHRU de STRASBOURG Dr Lejay Anne (Service de Chirurgie Vasculaire et Transplantation Rénale) Effets protecteurs du préconditionnement ischémique sur les fonctions cardiaque, rénale, pulmonaire et musculaire après clampage aortique

De nouvelles modalités de suivi pour les projets

Le suivi d’avancement des projets de recherche clinique financés via des AAP instruits par le GIRCI Est (PHRCI et Appel à projets jeunes chercheurs) était jusqu’alors réalisé grâce à des questionnaires annuels en MS WORD® adressés aux DRCI et aux porteurs de projets.

Pour simplifier ce recueil d’information, celui-ci sera désormais réalisé via des formulaires sécurisés en ligne utilisant le logiciel CleanWEB.

Après les tests préliminaires réalisés en collaboration avec les référents en charge de la promotion interne des établissements (DRCI, URC, etc.), la phase de production sera opérationnelle en janvier 2016, pour une première extraction et analyse préliminaire en mars 2016.

Rappelons qu’à ce jour, 133 projets ont été financés dans notre interrégion au titre du PHRC-I et 55 au titre de l’APJ.

Le projet DATOR : retour sur un projet lauréat de l’Appel à Projets Jeunes Chercheurs 2012

“DATOR – Constitution d’une cohorte pour le développement de l’autogreffe de tissu ovarien dans le but de restaurer la fonction ovarienne” – Dr Clotilde Amiot

L’autoconservation de cortex ovarien est une technique de préservation de la fertilité proposée aux fillettes et aux jeunes femmes, en cas de cancer ou de pathologie non cancéreuse nécessitant un traitement chimiothérapique ou radiothérapique à haut risque de stérilité secondaire. C’est même la seule option possible chez les fillettes prépubères ou lorsque le traitement doit être débuté sans délai.

La première naissance en France a été obtenue au CHRU de Besançon en 2009, suite à une greffe de tissu ovarien cryopréservé, réalisée en avril 2008, en collaboration avec le Dr Pascal Piver du CHU de Limoges, et après interrogation de l’Agence de la BioMédecine, du Comité de Protection des Personnes et de la Délégation à la Recherche Clinique et à l’Innovation (DRCI) du CHRU de Besançon (l’activité d’autogreffe n’étant alors pas considérée comme une activité de recherche).

L’arrêté du 11 avril 2008, publié au JO du 23 mai 2008, relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’Assistance Médicale à la Procréation stipule alors que : « l’utilisation ultérieure des tissus germinaux autoconservés reste du domaine de la recherche » et met fin en France à la pratique de l’autogreffe de tissu ovarien. Or, cette technique est la seule technique possible pour restaurer la fertilité chez les femmes chez lesquelles une cryoconservation d’ovaire a été réalisé.

À compter d’avril 2010, un protocole de greffe, dont l’investigateur principal était le Professeur Catherine Poirot, permettait aux patientes des centres parisiens de bénéficier d’une autogreffe de leur tissu ovarien. En 2012, ce protocole a été ouvert aux patientes de province, mais la greffe devait être réalisée à Paris et nécessitait un acheminement des greffons.

L’objectif principal de cet appel à projet « Jeunes Chercheurs » de la DIRC EST (devenue le GIRCI Est), déposé en janvier 2012 et intitulé « Constitution d’une cohorte pour le développement de l’autogreffe de tissu ovarien dans le but de restaurer la fonction ovarienne (DATOR) » était de permettre à des patientes guéries et ayant un désir d’enfant, de bénéficier d’une autogreffe de leur tissu ovarien cryoconservé, et ce dans un établissement de soins proche du lieu de résidence de la patiente. Le suivi des patientes devait aussi permettre d’évaluer la technique d’autogreffe de cortex ovarien en termes de restauration de la fonction ovarienne et d’innocuité.

En tant qu’investigateur principal, j’ai eu la charge de mener à bien ce projet. J’ai été accompagnée dans ce travail par le Pr Christophe Roux, chef du service de Biologie et Médecine de la Reproduction, Cryobiologie du CHRU de Besançon, dont l’expertise et la persévérance ont été essentielles. Il faut aussi souligner le travail de la DRCI du CHRU de Besançon et l’implication de Mme Ingrid Tissot, chef de projet. Nous avons aussi travaillé en collaboration avec le CIC 1431.

Préalablement au dépôt de candidature, une enquête préliminaire a été menée auprès des centres de province afin d’évaluer le nombre de centres intéressés (12 CHU ont été retenus à l’époque) et d’estimer le nombre de patientes susceptibles de solliciter une réutilisation de leur tissu ovarien.

La mise en place de ce projet a nécessité la sollicitation et l’obtention des avis et autorisations des structures compétentes : comité d’éthique en février 2012, CPP Est-II en mars 2013 et Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) en juin 2013. Le délai entre le dépôt initial du projet (début janvier 2012) et l’autorisation finale a donc été de 18 mois.

L’ANSM, qui ne pouvait se prononcer que sur la greffe proprement dite, nous a demandé de scinder le projet en 2 parties. Ainsi sont nés : PERIDATOR qui correspond à la constitution d’une cohorte des patientes candidates potentielles à une réutilisation de leur tissu ovarien, et DATOR (Développement de l’Autogreffe de Tissu Ovarien dans le but de Restaurer la fonction ovarienne) qui correspond au protocole de greffe.

Fin 2015, 90 patientes sont inclues dans la cohorte PERIDATOR, 12 patientes ont été greffées. 4 naissances ont d’ores et déjà été obtenues et 1 grossesse est en cours ; sachant que la première greffe du protocole a été réalisée fin mars 2014 et la dernière, pour l’année 2015, fin novembre.

Ce projet a permis de promouvoir la greffe de tissu ovarien en France et de centraliser les données relatives au suivi des patientes.

L’investigateur principal du protocole préparant les dossiers en vue de leur soumission au comité d’experts du protocole et collectant également les données de l’étude (inclusions, suivi des patientes…) interagit ainsi avec des centres dans toute la France. 4 CHU supplémentaires ont rejoint le protocole depuis 2013, ce qui porte à 16 le nombre de centres participants.

Une demande de prolongation, de 2 années, du protocole PERIDATOR-DATOR a reçu l’avis favorable du CPP Est-II en avril 2015 et de l’ANSM en juin 2015. La durée de l’étude est donc portée à 7 ans (4 ans d’inclusion + 3 ans de suivi).

Le protocole comporte une étude ancillaire intitulée OVAGRAFT (Appel à projet 2012 de l’INCa-DGOS) concernant la recherche de maladie résiduelle au niveau du tissu ovarien autoconservé en cas de pathologie néoplasique. Notre groupe a en effet développé des techniques de recherche de la maladie résiduelle ovarienne, notamment par cytométrie en flux multicouleurs, dans les cas de leucémies aigües lymphoïdes et myéloïdes, qui sont les pathologies à risque le plus élevé de localisation ovarienne (Amiot C et al. Hum Reprod, 2013 ; Zver T et al. Haematologica, 2014 ; Zver T et al. JARG 2015).

Ce projet a participé à la relance de l’activité de greffe d’ovaire en France, permettant à des femmes stériles ayant préservé leur tissu ovarien de devenir mères.

Concernant les pathologies non cancéreuses ou les cancers où le risque carcinologique est contrôlé et maîtrisé, ce projet devrait favoriser le passage de la pratique de l’autogreffe de tissu ovarien du domaine de « la recherche biomédicale interventionnelle » au domaine de « la recherche et de l’évaluation des soins courants ».

Les malformations cranio-faciales à l’honneur lors du symposium 2015 du Club de Génétique de l’Est

Le GIRCI Est, la FHU Translad et le centre de référence Anomalies du Développement et Syndromes Malformatifs de l’Interrégion Est ont co-organisé un symposium du Club de Génétique de l’Est sur la génétique des anomalies de la face et la génétique des mouvements anormaux.

Cette journée faisait suite au colloque organisé en septembre 2014 à Strasbourg sur les maladies neuro-développementales.

Près de cinquante professionnels de tout l’Est ont ainsi assisté à des conférences (dont deux animées par les Drs Marlin et Collet de la filière TETECOU à l’AP-HP), des présentations de résultats de recherche et des appels à collaboration sur les thématiques du jour comme sur d’autres sujets à l’issue de l’appel à communications lancé en septembre.

Pour consulter les résumés des travaux présentés, vous pouvez télécharger le livret du symposium en cliquant ici.

Le 3ème colloque interrégional de recherche infirmière et paramédicale aura lieu le 27 janvier 2016 au CHU de Reims

Un réseau interrégional dédié à la recherche paramédicale et infirmière a vu le jour en juin 2015. Il est constitué de directeurs des soins, de cadres de santé, de coordonnateurs des soins, de coordonnateurs de recherche en soins, d’infirmières de recherche des établissements de l’interrégion Est (CHU, CHR, CLCC). Diverses actions sont programmées à l’horizon 2016, relatives à :

  • l’identification des articulations optimales intra- ou inter établissements, des points de convergence entre équipes, disciplines, thématiques fortes des établissements ;
  • une programmation de formations par le GIRCI Est ouvertes aux professionnels paramédicaux de l’interrégion ;
  • la création de supports ’’d’autoformation’’, de sensibilisation, et d’outils d’évaluation pour ces professionnels.

Ce réseau pilote l’organisation du 3ème colloque interrégional de recherche paramédicale et infirmière qui aura lieu le 27 janvier 2016 au CHU de Reims.

Intitulée “Créer, accompagner et valoriser la recherche infirmière et paramédicale : structuration et ressources”, cette manifestation sera l’occasion de montrer au travers de retours d’expériences de professionnels de notre interrégion, que des idées peuvent se concrétiser en projets valorisés et valorisants et ce grâce au soutien d’équipes pluri-professionnelles, pluridisciplinaires, d’appui institutionnel ou de réseaux.

Programme et inscription ici

Zoom sur la recherche clinique en établissement non universitaire : l’unité de recherche clinique du CH de Bar-le-Duc

Le Centre Hospitalier de Bar-le-Duc est impliqué depuis de nombreuses années dans des études cliniques, notamment dans ses services de diabétologie et d’onco-pneumologie.

À compter du 1er Juillet 2013, dans le cadre du Projet médical et de soins, la Direction s’est engagée dans la mise en œuvre d’une politique de recherche au sein de l’Établissement.

Ainsi l’établissement s’est doté d’une Cellule Recherche composée d’un comité de pilotage, d’un comité scientifique, d’une unité de recherche clinique et d’une unité de recherche paramédicale (une trentaine de personnes au total).

La cellule recherche a pour vocation de structurer la recherche, de valoriser l’existant et de développer le nombre de projets au sein de l’établissement.

La mise en place d’un guichet unique permet un recensement exhaustif de l’activité et une facilité dans la prise de contact et le démarrage local des projets.

L’information et la formation des agents est également un objectif, dans une visée de valorisation des compétences dans des établissements non universitaires et dans une perspective régionale soutenue par l’ARS Lorraine et l’ANFH Lorraine.

La cellule recherche participe à deux PHRIP portés par des paramédicaux du CHU de Limoges et de Nancy, plusieurs études cliniques industrielles et académiques, observationnelles et interventionnelles, sont en cours. Des projets de recherche financés soutenus par le CNRS et la région Lorraine ont également débuté en 2015.

Le CH de Bar-le-Duc a adhéré à la plate-forme SIGAPS-SIGREC et a pu organiser avec l’aide du GIRCI Est un premier colloque interrégional de recherche paramédicale en novembre 2014 à Bar-le-Duc.

Un deuxième colloque intitulé «Perspectives de la recherche paramédicale : freins et leviers » se tiendra le jeudi 31 mars 2016 au Palais des Congrès de Nancy.

Pour toute information, contacter la chargée de mission chef de projet de recherche : Frédérique Brin-Henry (fbrin-henry@pssm.fr)

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